Interview for the French Embassy in Athens

Lila de Chaves, est conservatrice de l’Art copte au Musée Bénaki, secrétaire générale de de la Fédération Mondiale des Amis des Musées. Elle est également vice-présidente du Fonds méditerranéen pour la Culture et l’Environnement. Elle fera prochainement une conférence sur les tapisseries d’Aubusson qui se trouvent à la Résidence de France

- D’où vous vient cet amour pour la France ?

Il vient d’une longue tradition familiale. Ma mère a, très jeune et pendant des années, reçu des cours particuliers de français. Le parlant couramment, elle pouvait suivre l’actualité, la littérature et la musique françaises, chose courante à l’époque dans les familles bourgeoises d’Athènes. Mon père, un radiologue très renommé et un philanthrope, appartenait à la société grecque éclairée. Ils décidèrent donc indiscutablement de donner à leurs enfants, mes deux sœurs et moi-même, un apprentissage en français, la langue étrangère par excellence, qui nous permettrait de devenir des personnalités accomplies, cultivées et libres d’esprit.

- De quelle manière faites-vous fait vivre la relation-franco-hellénique ?

En tant que Conservatrice de l’Art copte au Musée Bénaki, j’ai eu l’occasion et le plaisir de procéder, dans le cadre de séminaires et de colloques à Paris -tel qu’entre autres, celui des Ethnologues au Musée ATP (Arts et Traditions populaires) à Neuilly- à des échanges de vues avec des collègues de centres de restauration sur les textiles rares de nos collections.

Depuis 1983, j’ai été invitée à donner des conférences à Lyon sur les costumes historiques et ethnographiques et les bijoux grecs (Institut Mérieux, Musée Historique des Tissus, etc.). J’ai écrit des monographies en français sur les tissus de l’art copte des collections du Musée Bénaki (« La fuite en Egypte », « Le retour des rois mages », etc.).

En ma qualité de Secrétaire général de la Fédération Mondiale des Amis des Musées, je vais souvent à Paris pour participer aux Conseils de l’ICOM, à la Maison de l’UNESCO, en vue de soutenir notamment les Amis des Musées et en particulier ceux de France, qui, à l’antipode des musées anglosaxons, luttent pour promouvoir le concept d’Amis des Musées, dans le cadre d’associations à but non lucratif bien structurées et indépendantes des musées.

J’ai le grand honneur d’être invitée prochainement par son Excellence, M. L’Ambassadeur de France en Grèce, à faire une conférence sur les prestigieuses tapisseries de la Résidence. J’espère pouvoir élargir ce projet et présenter ces admirables tapisseries dans d’autres pays. Je suis déjà invitée à faire cette conférence à Lyon, en ma qualité de Présidente de la Fondation « Héritage et Musées ».

- un souvenir, une histoire en lien avec la France …

Une histoire, qui m’a particulièrement impressionnée et qui devait, par la suite, jouer un rôle déterminant sur ma formation universitaire et professionnelle, est celle de George Sand. Lors de ses promenades avec Chopin dans les environs de Paris, elle avait découvert dans un château en ruines des tapisseries abîmées par l’humidité. Elle contribua, à travers ses articles dans les journaux, à la restauration de cette tenture historique, très importante pour l’histoire de l’art, connue comme « La dame à la licorne », qui, constitue aujourd’hui, avec d’autres tapisseries somptueuses, le principal noyau du Musée de Cluny à Paris.

Et surtout, j’ai été profondément marquée par la visite en Grèce d’André Malraux, Ministre français de la Culture, véritable modèle universel, qui conçut mondialement le premier événement du Son et Lumière sur l’Acropole.

Enfin, je tiens à vous livrer un dernier sentiment : bien qu’étant Grecque, j’ai toujours des larmes aux yeux lorsque j’écoute la chanson « Douce France, cher pays de mon enfance ».

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